samedi 3 décembre 2016

-Une plume-


Et si cette plume dans l'arbre
que le vent n'arrive pas
à faire tomber
était plus qu'une plume ?

Serait-ce une caresse
qui jamais ne disparaîtra
ou une porte
qui s'ouvre en secret ?

Plume intime qui descend
dans le cœur pour lui dire
que la solitude et la séparation
n'existent plus,

Plume comme un fruit
qu'on ne cueille pas
et qui ne peut flétrir,

tu viens poser un baiser blanc
sur le regard,

le regard soudain qui comprend
que l'ombre aussi crie vers la lumière,
qu'elle a besoin d'être aimée
comme un enfant malheureux.

Plume étrange,
tu resteras pour toujours
sur l'arbre qui veille
en silence dans le froid.

Ta douceur descend lentement
jusqu'aux racines.
Elle prépare un chemin
au chant des feuillages.
Elle comble le vide
qu'a laissé les morsures du mensonge.

Ta sensibilité aux souffles du matin
assure que rien
n'est jamais perdu
et que la vague
rejoint toujours son océan !



mardi 29 novembre 2016

Ode au mot

Un mot est un mot.
Un peu d'écume,
un peu d'or
comme ce feuillage
que l'eau reflète.

Il peut être là
par peur du silence
ou peur du vide,
de l'absence.

Mais ce peut être aussi un cri,
un cri de rage,
un cri d'angoisse.

Un mot de trop
et tout bascule.
Un mot juste
et c'est l'éveil.

Les mots mentent
mais disent aussi la vérité.
Il y a des avalanches de mots-propagande
et quelques mots cailloux dans le désert
qui captent la lumière.

Les mots jouent
si l'on reste enfant.
Un mot pour rire,
et l'on se détend.

Mais les mots tuent,
les mots violentent
et on ne peut que se taire.

Le poète aime les mots.
Il tient parole
comme un cocher
son attelage.

Mais il n'aime pas le pouvoir
qui voudrait bien
le museler.

Un mot est un mot
qui déjà disparaît.
Plus de reflet
dans l'eau du silence,
la nuit venue.

Si ! une étoile,
celle où tu vis !