dimanche 19 mars 2017

Dans un fauteuil

Ce ciel gris, cet arbre noir,
les yeux ouverts,
je reste devant eux.
Il n'y a pas de tristesse.
Un frisson vert parcourt les branches.

Des lignes blanches 
parlent de lumière.
Le paysage changera.
Les mains ouvertes
j'accepte d'être là.

Tout devient une rivière.
L'eau emporte les apparences.
La maison n'est plus obscure.
Pourquoi choisir de souffrir ?

Un merle rieur se pose
sur le cerisier où pointe
un peu de blancheur.
Il joue avec le chat noir
qui ne l'attrapera pas.

Je rêve de l'enfance
mais ne rêve plus
d'être encore jeune.
Je suis là avec le soir
dans un fauteuil.

Ma fatigue est un châle.
J'offre des caresses
de mots pour rien,
un baiser de vocabulaire.

Je ne triche pas avec
ce que je suis.
Cette colline sombre
qui quitte l'hiver
par la fenêtre
ne me fait plus peur.